Cabrette à LEUCAMP

Fête de la Cabrette à LEUCAMP

La cabrette toujours à la fête

Les 24 et 25 avril prochains se déroulera la Fête de la Cabrette à Leucamp. Loin d’être un élément du passé, cet instrument traditionnel a su traverser les époques grâce à ses adeptes. Nombreuses sont les histoires autour de la cabrette mais ce qui est sûr, c’est que ses origines sont lointaines. À l’instar de sa cousine, la cor­nemuse, la tradition orale du savoir-faire des joueurs appelés alors « masters abretaîre », n’a pas permis d’identifier claire­ment une genèse.

Jacques MIQUEL un passioné de cabrette

Elle serait sans doute issue de la musique de cour. Cependant ce que l’on peut affir­mer sans crainte, c’est que la ca­brette, aussi appelée musette à l’époque, doit une grande partie de son histoire à la communauté des Auvergnats de Paris. En 1904, c’est une rencontre qui va populariser l’objet et son style. Antoine Bouscatel, joueur de cabrette originaire de Lascelle, monte à Paris pour prendre la gérance d’un café rue de Lappe.

L’italien Charles Perrugi est, quant à lui, joueur et confectionneur d’accordéon. Il est même l’inventeur du ban­donéon chromatique. La ren­contre était inévitable et les deux compères se mettent à jouer ensemble dans le café de l’Auvergnat, dénommé « chez Boutcha ».Par la suite, à la fin du 19e siècle et au début 20′,elle écrit ses lettres de noblesse lors des fameux bal-musette.Dans un premier temps, comme la cornemuse, les musiciens soufflaient dans l’instrument. Ensuite le soufflet sous le bras permettent d’envoyer l’air est venu changer les habitudes de jeu. Bien sûr, une anectode ex­plique cette évolution et vient étayer la légende autour de ce morceau de patrimoine. Les bergers du plateau de l’Aubrac étaient des joueurs de cabrette à leurs heures perdues et ils auraient inventé ce nouveau système à cause des brindilles qu’ils avaient tout le temps à la bouche. Entre véritable histoire et fable, il n’y a qu’un pas…

Des figures célèbres. Tous les instruments sont aussi rendus un jour célèbre par les gens qui s’y rattachent. Dans le monde de la cabrette, les noms aussi valsent au rythme des bal-musette. Mais s’il devait n’en rester qu’un c’est sans doute celui d’Amadieu qui se­rait inscrit en lettres d’or sur tout bon manuel de l’apprenti cabrettaire. En effet, cet ambassadeur dé­signé fut le fabriquant (appelé «facteur» dans le jargon), bé­néficiant de la plus grande no­toriété dans le milieu. « Amadieu était un facteur de pied. Ses œuvres sont inestima­bles, elles n’ont pas de valeurs marchandes. Cependant, sa so­norité est très recherchée par les joueurs. Certains en étudient la construction afin de pouvoir reproduire un instrument de qualité » affirme Jacques Micquel, président de l’association Les Enfants du Trad, qui vise à promouvoir l’instrument. « Un pied d’Amadieu correspond à un Stradivarius pour le vio­lon », ajoute-t-il.

Un instrument pluriel En ivoire, en buis, en amourette, en ébène, il n’y a pas un pied qui ne ressemble à un autre. Parfois même les sculptures sur bois viennent renforcer la pa rticu la rite de ces objets. Autre particularité liée à l’instrument : pour changer de tonalité., il suffit simplement de changer le pied. On transpose ensuite les notes désirées. Cependant, une condition les réunit: être taillé dans des bois nobles. Le « soufflet » permet de remplir la poche d’air, souvent confec­tionnée dans du cuir. Aupa­ravant, elle était qualifiée d’ « escabre » : ce qui signifie petite chèvre. C’est de cette étymolo-gie que provient l’appellation cabrette. Enfin le bourdon, situé à côté du pied, peut-être bouché à l’envie, selon les morceaux à jouer. Un facteur différent est associé à chacun de ses éléments.

Un instrument qui s’exporte à travers le monde Loin des clichés associés à un folklore vieillissant, l’instru­ment s’appuie sur une dyna­mique intéressante, depuis quelques années. « On joue de la cabrette un peu partout dans le monde. Le berceau de cette musique est le plateau de l’Aubrac mais c’est un territoire assez vaste divisé administrativement entre trois départements. On la retrouve également dans le Lot, en Cor-rèze, en Haute-Loire dans la ré­gion de Brioude et à Clermont-Ferrand. Paris constitue aussi un foyer important de joueurs. J’ai entendu dire qu’elle était même pratiquée à New York et au Canada », ajoute non sans malice, le Président des Enfants du Trad. De même, les jeunes redécou­vrent cet instrument par le biais de la pratique. En effet, les conservatoires de musique ou les groupes folkloriques ne s’étonnent plus, aujourd’hui, de voir des jeunes frapper à leur porte, afin de s’essayer à la passion de leurs aînés.

Une fête spécialement dédiée à la cabrette C’est justement des stages d’ini­tiation et de perfectionnement que proposeront le Comité des Fêtes et d’Animations de Leu­camp, épaulés par les associa­tions Cabrettes et Cabrettaîres et Cabrette.com. L’accordéon diatonique sera aussi à l’honneur de l’enseigne­ment musical. Des spécialistes de la cabrette comme Didier Prauvert, Victor Laroussinie ou Jacques Micquel joueront avec plaisir les profes­seurs. Des concerts en après-mi­di et en soirée agrémenteront le programme. Un bal en soirée clôtura les deux journées.  Tous les éléments d’une cabrette constituent un véritable trésor.

Début des stages, le samedi 24 avril, à g heures. Prix du stage (repas samedi midi compris) : 30 euros. Renseignements auprès de Georges Carcanague au 0471478443 ou au 0642088558.

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